09 décembre 2008
Pigeon vole...
(à l'attention de Monsieur le Nervi) Jeunes pigeons, en neuf lettres:
RAMEREAUX
Ici à l'Ambassade, les tâches quotidiennes de délivrance des passeports et d'organisation des transports plénipotentiaires vers les états voisins nous laissant, compte tenu de leur fréquence toute relative, un temps libre considérable, on tient une permanence téléphonique à l'usage des cruciverbistes en détresse.
(et on a bien conscience que la présente note ne présentera, pour ceux que ce genre de jeux laisse de marbre, qu'un intérêt limité. A moins de se souvenir des ramereaux et de parvenir à y glisser une allusion lors d'un prochain dîner en ville, ce qui ne manquera pas, à coup sûr, d'épater les convives).
(et à ceux qui ne pratiquent ni les mots croisés ni les dîners en ville, l'ensemble du personnel de l'Ambassade présente ses plus plates excuses. On tâchera de faire mieux la prochaine fois).
Pour finir, à l'attention de Monsieur le Nervi toujours (puisque de toute façon on s'est déjà excusé de s'adresser ce soir à une audience restreinte), une question et une adresse.
La question : est-il vraiment honnête de prétendre avoir lutté avec une grille de mots croisés (art noble s'il en est) alors que l'on était en réalité aux prises avec un vulgaire jeu de mots fléchés ?
L'adresse : Villa Saint Jean, Rue du Botzet - 1700 FRIBOURG
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08 décembre 2008
La Firme en vacances...
Il y a quelque temps, le Chef de la Firme décréta qu'il avait besoin de prendre un peu l'air. Aussitôt dit, aussitôt fait, il fut décidé que tout le monde partirait en "séminaire" à Porto.
Ainsi donc, pour une fois, ce n'est pas l'Ambassade qui partit en visite diplomatique, mais la Firme qui s'en alla en voyage d'études.
La semaine dernière arriva donc la date fatidique du "séminaire". Qui tombait à point nommé : compte tenu de la somme considérable de dossiers à traiter ces derniers temps, et des délais impartis, de toute façon, à moins d'un miracle, il semblait bien improbable de parvenir à tout faire. Autrement dit, quitte à rester jusqu'à la fin de l'année sous la ligne de flottaison, autant partir en week-end et perdre un vendredi de travail, qui de toute façon n'aurait rien changé à l'ampleur de la tâche demeurant à accomplir (pour résumer, on était déjà tellement charette qu'on était plus à un jour près, et puis c'est tout).
De ces trois jours en terre lusitanienne, on retiendra quelques faits marquants :
- L'aéroport de Luxembourg est désert le vendredi matin à 4h.
- Il fut possible pour les beloteurs imprévoyants de se procurer un jeu de cartes dans l'une des échoppes de l'aéroport susnommé, mais à un prix qui greva dangeureusement le budget d'ensemble de l'expédition. Cela dit les cartes représentaient chacune un haut lieu ou un monument du Grand Duché, et leur dos portait une charmante carte illustrée de ce petit état - le 8 de trèfle représentant par exemple le feu d'artifice de la fête nationale. On se dit alors que finalement, pour le prix d'un jeu de cartes - si cher soit-il, on voyageait, du bout des yeux, dans tout le Luxembourg, et que ça, quand même, c'était rudement chouette.
- On apprit que date de la fête nationale au Luxembourg est le 23 juin. Parce que c'est la date d'anniversaire du Grand Duc. Sauf qu'en vrai le Grand Duc actuel est né le 16 avril. Voilà qui est fort étrange (même si cette question n'a toutefois pas semblé passionner les foules à la Firme). L'explication est amusante : la Grande Duchesse Charlotte (qui règna jusque 1964) étant née le 23 janvier, cette célébration avait toujours lieu en hiver. Alors, en 1961, il fut décidé que désormais la fête nationale aurait lieu le 23 juin, parce qu'il y avait quand même plus de chances qu'il fasse beau à cette date. Voilà tout. Depuis, l'anniversaire du souverain est fêté le 23 juin, même si ce n'est pas son vrai anniversaire (on en restera là pour la petite histoire du Luxembourg, parce que tout de même, on s'est un peu éloigné du sujet. Revenons donc à ce qu'on a retenu d'important de l'expédition à Porto).
- On pensait, Dieu sait pourquoi, que le Portugal était un pays exotique. On fut en réalité bien content d'avoir oublié d'enlever ses gants de ses poches. On regretta même de n'avoir emporté ni parapluie, ni écharpe.
- On fut forcé de reconnaître que le terme officiel de "séminaire" recouvrait en réalité la découverte de la gastronomie et des bières locales, et l'études des moeurs des noctambules de la Jet Set locale. La déception de ne pas approfondir nos connaissances en matière de droit portuguais fut cependant de courte durée.
- On eut beaucoup d'admiration pour Marisa, qui servit de guide à la Firme en vadrouille, et qui sut faire preuve d'un flegme à toute épreuve face au personnel, de toute évidence, se préoccupait plus de l'organisation de sa soirée que des explications fournies sur l'histoire des monuments et l'architecture de la ville.
- On constata, une fois de plus, qu'il est difficile de remporter une partie de belote lorsque l'équipe adverse fait preuve d'une mauvais volonté évidente et triche éhontément. Il fut convenu qu'un tel crime ne resterait pas impuni.
- Au retour, au vu des photos de l'escapade, certains incrédules demandèrent si on ne serait pas plutôt allés à Saint Malo. A ces gens de peu de foi on répondit, premièrement, que les mouettes ne criaient pas en français, et qu'on avait donc la certitude d'être bien partis à l'étranger, et deuxièmement, que Porto se situe au nord du Portugal, au bord de l'océan, et qu'au mois de décembre il n'est pas anormal d'y rencontrer de la pluie, du froid et du grand vent. (Comme à Saint Malo, soit).
Riches de tous ces enseignements, on rentra finalement à la Firme, épuisés mais ravis (fallait-il que l'on s'aime et qu'on aime la vie...).
19:12 Publié dans 35 heures... | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note
17 novembre 2008
Million news
Bon bon bon.
Monsieur Million Dollar Client a appelé ce matin, pour s'assurer qu'on avait bien reçu son mail, envoyé cinq minutes plus tôt.
"Oui j'ai bien reçu le mail, mais je ne l'ai pas encore lu en entier".
(en fait à cet instant là, je n'avais même pas encore commencé à le lire, son message, parce que le téléphone a sonné - devinez qui appelait, ben oui bien vu. Je ne pouvais pas lui parler et lire son mail en même temps).
(en fait si, je pouvais, mais si je l'avais lu, il aurait fallu que je lui en parle, et ça j'avais pas trop envie de le faire tout de suite, parce qu'en général ce qu'il m'écrit suppose toujours de prendre le temps de la réfléxion pour, premièrement, comprendre, et deuxièmement, trouver quelque chose à répondre. Un minimum de conscience professionnelle m'imposait donc de ne pas parler sans savoir).
(et en fait, en vrai - trois fois "en fait en trois phrases", c'est pas terrible... En fait, disais-je, la vérité vraie c'est que j'ai vu qu'il avait écrit, et qu'avant même d'ouvir le message je me suis dit que je ferais mieux de commencer par faire un saut à la machine à café, histoire d'aborder ça bien armée. Ensuite, à peine le temps de sortir du bureau, le téléphone a sonné, la suite étant relatée plus haut. C'est pas glorieux, je sais).
Ainsi donc, je finis tout de même par parourir sa prose en diagonale, juste le temps de m'assurer de l'absence de péril imminent, et puis ensuite je suis allée boire un café. Et puis ensuite, évidemment j'ai oublié.
Pour résumer, puisque finalement je n'en sais toujours guère plus, et surtout pour conclure : il semblerait que Monsieur Million Dollar Client a un plan pour le récupérer, son million.
Je m'attends au pire...
22:52 Publié dans 35 heures... | Lien permanent | Commentaires (1) | Envoyer cette note
16 novembre 2008
... Les gens s'en vont
En Zoulogne, même si dans l'ensemble on rigole quand même pas mal, il arrive parfois des choses pas drôles.
Vendredi, on apprit que l'un de nous était sur le point de partir.
Alors on a quitta séance tenante la Firme et l'Ambassade pour aller lui dire au revoir.
On arriva juste à temps.
Puis il s'en est allé.
On eut l'occasion de voir -presque- couler une larme sur la joue de quelqu'un dont on ne se souvenait pas l'avoir jamais vu pleurer.
On eut une fois encore la preuve que les différends du quotidien s'envolent le temps du chagrin.
On fit des démarches déagréables mais nécessaires.
On reçut des messages qui font chaud au coeur.
Alors quelques jours encore, il n'y aura rien de drôle à raconter ici à l'Ambassade.
Mais dès que la tempête sera passée, on reviendra donner des nouvelles du Million Dollar Client, de l'Ambassade et du reste.
A plus tard, donc...
23:30 Publié dans En Zoulogne comme ailleurs... | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note
28 octobre 2008
More Beautiful The Life*
Ici à l'Ambassade, on commet sous couvert d'immunité diplomatique une pléthore d'actes abominables. On confessera aujourd'hui le pire d'entre eux (la faute avouée, étant paraît-il à demi pardonnée, nous voilà, pour celle-ci du moins, mi-absous, mi-immunisés).
Ainsi donc, on croise souvent le personnel de l'Ambassade devant son téléviseur, aux alentours de 20h30, les soirs de semaine, occupé à observer les moeurs et l'organisation sociale de nos voisins français, à travers le prisme des tribulations des habitants d'une cité dite Phocéenne.
(En résumé, on regarde Plus Belle La Vie. Programme instructif s'il en est, que l'on conseille d'ailleurs vivement au gens d'Etat débutants soucieux, tels qu'on l'est ici, d'apprendre les rudiments de la gestion d'un pays.)
Force est de constater que cela aide à mieux cerner les tracas que rencontre une grande nation. Voilà qui est fort utile.
Bien sûr, la Zoulogne est un minuscule Etat, et ne se trouve à ce titre confrontée qu'à peu de difficultés. Mais sait-on jamais... Au moins on sera prévenu.
On ne sait par où commencer...
Qu'à cela ne tienne, on se lancera avec la délicate question des prisons. A Marseille, d'après ce que l'on comprend, il n'y a qu'une seule prison, dénommée les Baumettes. Et on peine à trouver un habitant du Mistral qui n'y ait jamais fait un séjour, si court fût-il. Et on est choqué de voir que bien souvent on y emprisonne, à tort, des individus dont on découvre par la suite qu'ils sont absolument étrangers à la sinistre affaire pour laquelle on les a jetés au cachot.
Il faut dire qu'apparemment, au Mistral, et à Marseille, il n'y a qu'un seul juge d'instruction ! Alors il fait ce qu'il peut, ce pauvre Florian Estève, mais forcément, c'est toujours assez long. On comprend mieux, dès lors, les revendications de ceux qui dénoncent les lenteurs de la justice française et le scandale de la surpopulation carcérale.
On entendit, récemment, dans les couloirs de l'Ambassade, un membre du personnel remarquer que finalement, pour qu'il y ait moins de monde dans les prisons, et en premier lieu aux Baumettes, il suffirait d'une bonne grève des scénaristes de Plus Belle La Vie.
On s'amusa certes quelques instants de ce trait d'esprit, mais bien vite on fut à nouveau absorbé par un autre problème d'envergure, découvert grâce au feuilleton susnommé : la délinquance financière.
A Marseille, et en tout cas au Mistral, sévissent visiblement nombre d'hommes d'affaires sans scrupules, dont on trouve un exemple édifiant en la personne de Charles F. (dont on tentera de préserver ici, malgré tout, l'anonymat). Monsieur F. paraît mû uniquement par la soif du profit, qui le conduit à toute les bassesses, et aux spéculations les plus odieuses. Il mène ses affaires faisant fi de toute morale, rarement freiné, et parfois même aidé, par les hommes de pouvoir locaux qui semblent bien perméables à certaines formes de corruption.
On tombe de Charybde en Scylla en découvrant la manipulations de Monsieur Frémont (zut, c'est raté pour l'anonymat).
Ici en Zoulogne, on a froid dans le dos en voyant défiler les scandales au Mistral. Et sans aller jusqu'à redouter qu'elle franchisse nos frontières, on comprend mieux comment a pu naître la crise financière qui semble toucher si durement nos voisins.
On se méfiera donc, à l'avenir, des hommes d'affaires à la conscience élastique, des marchés et du libéralisme débridé, parce qu'on sait à présent les dégâts qu'ils produisent au Mistral et, suppose-t-on, partout dans le pays...
On ne pourrait conclure sans évoquer la santé (pas la prison, même si on trouve qu'elles ont de drôles de noms, les prisons, là bas en France).
Non, la santé de ceux qui sont malades.
Au Mistral, et vraisemblablement dans tout Marseille, il n'y a qu'un seul médecin, le Docteur Guillaume Leserman (ou son remplaçant lorsqu'il est en mission au Laos, le Docteur Leserman étant un humaniste convaincu).
Tout seul, il doit faire face à une somme considérable de problèmes, allant du simple rhume des pensionnaires du Select à des cas d'amnésie sévère, de la médecine de quartier à la la psychiatrie la plus pointue, en passant par des interrogations éthiques extrêmement complexes, face par exemple à la volonté d'un patient d'être euthanasié (même si en fait on découvre ensuite qu'il ne voulait pas vraiment se faire euthanasier, et que c'était juste un plan machiavélique, mais ça, le Docteur Leserman ne pouvait pas le savoir).
Toujours est il que notre Docteur Leserman se trouve fort dépourvu face à cette charge de travail titanesque.
Alors, à l'Ambassade, on compatit à la détresse des professionnels de santé français, à mesure qu'on découvre les effrayants dysfonctionnements du système.
Et à voir tout cela, on se dit que, décidémént, il est rudement difficile d'être un vrai pays, et on se réjouit que la Zoulogne n'en soit pas un, parce que la vie y est, en fin de compte, plutôt belle...
* L'ensemble du personnel présente ses plus plates excuses pour la traduction approximative du titre du feuilleton. On essaie de faire "international", mais le département des affaires étrangères étant en vacances, le résultat n'est malheureusement pas à la hauteur de nos espérances...
20:09 Publié dans Un mot de l'Ambassadeur | Lien permanent | Commentaires (1) | Envoyer cette note | Tags : ambassade, plus belle la vie